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Projet de thèse

Titre provisoire : – Dynamiques et composantes essentielles dans le processus de retour en régie publique de l’eau au sein de l’intercommunalité de Montpellier en 2014 : sociologie d’une décision éminemment politique

La gestion et le partage des ressources en eau se sont effectués sous une grande diversité de formes selon les époques, les lieux, les échelles ou les systèmes sociaux et culturels concernés. Généralement, tous ces modèles de gouvernance de l’eau ont affirmé et protégé le caractère de bien public ou de bien commun de l’eau.
Depuis quelques années pourtant, le modèle de la gestion privée de l’eau a semblé devenir le modèle dominant. En France, la proportion de délégation de service public est quasiment inversée par rapport au reste du monde : près de 80% de l’approvisionnement en eau est géré par Suez, Veolia et la Saur, et que, depuis la fin des années 80, il régnait une ambiance générale qui consistait à dire que la gestion privée de tous les biens était bien meilleure que la gestion publique, supposée bureaucratique et inefficace.

Cette vision de la gouvernance est en crise depuis le milieu des années 2000 se heurtant à un mouvement prônant la remunicipalisation de l’eau. Cette démonstration a été faite dans de très nombreuses villes en France et dans la majorité de villes européennes mettant l’accent sur le fait qu’une gestion publique qui associe citoyens, politiques et salariés de la Régie au processus décisionnel peut permettre une gestion sociale et durable qui protège cette ressource naturelle (Le Strat Anne., 2010, « Paris : comment une collectivité peut reprendre en main la gestion de l’eau, », article rédigé pour l’édition française de Reclaiming Public Water)

En 2014, le rapport de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement (SISPEA), indique que, 69% des services publics d’eau potable font l’objet d’une gestion directe, couvrant une population de près de 25 millions d’habitants, soit 39% de la population française. Les services gérés en délégation représentent, en revanche, 31% des services mais couvrent près de 61% de la population, soit environ 41 millions d’habitants.

La question du choix des modes de gestion sous des angles idéologiques, politiques, techniques, économiques, environnementaux etc., a fait l’objet de nombreux travaux, tendant à démontrer que les choix des décideurs n’étaient effectués que sous des aspects purement universalistes. Or à la lumière de l’exemple de Montpellier en 2014, je souhaite faire la démonstration qu’une étude des schémas mentaux des décideurs peut permettre de transcender ce débat et de mieux comprendre ce qui se joue dans les collectivités territoriales qui changent de mode de gestion de leurs services.

Sous la direction de Emmanuel Négrier, directeur de recherche, CEPEL – Université de Montpellier.