Responsables scientifiques : Aurélien DJAKOUANE et Emmanuel NEGRIER.

La croissance des pratiques festivalières est un des résultats les plus notables de la dernière édition de l’enquête sur les pratiques culturelles Français. Ce sont ainsi 19% des français de plus de 15 ans qui déclarent avoir assisté à un festival au cours des douze derniers mois. Ils n’étaient que 16% en 2008, et 8% en 1973. On peut donc, sans risque, supposer que les festivals sont un espace pertinent pour observer les transformations contemporaines du rapport à la culture, et peut-être y participer. En effet, la singularité même du dispositif festivalier (courte durée, participation intensive, offre plurielle, expérience esthétique et
sociale) s’inscrit en rupture avec la dimension plus conventionnelle des fréquentations des saisons culturelles. En outre, la diversité des festivals attire des publics à la sociologie variée et favorise des trajectoires de participation, elles aussi plurielles : intense ou intermittente, en famille ou entre amis, etc.

Ce projet de recherche se propose d’approfondir la sociographie des publics des festivals et de la participation festivalière dans une triple perspective. Il s’agira d’abord de décrire le profil sociologique des amateurs de festivals, son évolution au fil des ans, et de les comparer avec d’autres pratiques de sorties et les modalités elles-mêmes de la participation festivalière (contexte social et géographique, modalités pratiques). Le prisme proposé est celui d’une comparaison interne au spectacle vivant dans sa diversité (théâtre, danse, musique, arts du cirque, arts de la rue essentiellement). La seconde perspective de cette recherche s’intéresse à la pratique festivalière comme espace de transformation du rapport à la culture. Il s’agit ici d’aborder la question de la valeur de l’expérience festivalière elle-même et son évolution dans le temps et l’espace des « carrières » de festivaliers. La troisième perspective enfin, s’attache
plus particulièrement à décrire l’extension du domaine de la négociation de la fabrique contemporaine des goûts culturels et le rôle qu’y joue désormais le numérique en régime festivalier. Ces trois perspectives se déploient dans un aller-retour constant entre l’enquête PCF et nos propres enquêtes, quantitatives et qualitatives, locales et globales, sur les publics des festivals.

Dans un contexte marqué par l’annulation de la quasi totalité des festivals en 2020, ces questions prennent un sens particulier. Nous faisons le pari qu’y répondre permettra de rendre compte de l’attachement des Français à ces espaces de diffusion culturelle et d’une partie des transformations de leur rapport à la culture.

Montant : 39 800€

Durée : du 16/10/2020 au 15/10/2022