FOCALE
Résumé provisoire FOCALE
Les sociétés démocratiques se sont durablement fondées sur un double monopole : celui de l’État sur la définition et l’instruction de la « bonne citoyenneté » et celui des journalistes sur l’information publiée contribuant à institutionnaliser une citoyenneté encadrée et régulée par le haut. L’émergence des mouvements sociaux et l’avènement de la société numérique ont introduit une perturbation par le bas de la configuration des expressions citoyennes et politiques.
Les expressions alternatives et contestataires de la citoyenneté ont toujours mobilisé les ressorts de l’image pour appuyer leurs causes, néanmoins, leur composante visuelle s’est considérablement depuis la fin du XXéme siècle sous l’effet conjugué de transformation socio-techniques (internet, smartphones, réseaux sociaux numériques, IA générative). Les groupes mobilisés s’en approprient les potentialités et développent de nouveaux savoir-faire pour produire et diffuser des contenus audiovisuels. Le projet entend concevoir un cadre conceptuel capable de saisir d’un même regard cette nouvelle économie politique des images. Pour ce faire, le projet FOCALE se donne l’objectif de mettre au travail trois hypothèses : (1) La prégnance croissante du visuel dans les expressions citoyennes alternatives ou contestataires. (2) L’émergence de savoirs, de savoirs pratiques ainsi que d’une ingénierie conceptuelle et technique dans la gestion tactique des images tant du côté des groupes mobilisés que des professionnels de l’État. (3) Le développement d’une fonction propre des images dans les processus de désectorisation et de médiatisation des controverses dans la période contemporaine. Le projet FOCALE investigue la reconfiguration par les images de la citoyenneté́ démocratique dans un espace public devenu un espace de confrontation des stratégies de visibilisation et d’invisibilisation problèmes politiques à partir d’enquêtes sur trois pôles de controverses politiques particulièrement saillants : Le refoulement du religieux dans le façonnage des jeunes citoyen·nes ; la justification du recours à la violence dans les opérations de maintien de l’ordre ; la prescription d’une norme écocitoyenne descendante comme modalité de la “transition écologique”.